|
Qui suis-je ?
VOYAGES REELS et IMAGINAIRES au BENGALE et au SIKKIM en 2011.
Derniers articles
Menu
La carte des lieux visités
Mots clés
Rubriques
Mes amis
Liens
NewsletterSaisissez votre adresse email
Page
1 sur 1
Page précédente | Page suivante
|
DEPART POUR LE NEPAL (12.08.2011).
|
DÉPART POUR LE NÉPAL
Après un long séjour à Darjeeling
l'espace s'ouvre à nouveau :
départ pour le Népal
avec le Tibet dans la foulée
L'excitation du voyage
revient au galop
préparation du sac :
un nomade s'allège au maximum
A l'aube, le coeur enthousiaste
réclame des courses assoiffées d'espace
à la poursuite du soleil
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 17:15, le 12/08/2011 dans M2. DEPART pour le NEPAL, Darjeeling Mots clefs :
|
MANUEL DU PARFAIT NOMADE (10.08.2011).
|
MANUEL DU PARFAIT NOMADE
Sois heureux ici et maintenant
rejette les pensées négatives
regrets ou soucis
qui touillent en vain le passé
ou s'angoissent pour l'avenir
Mène ta vie tambour battant
au rythme de buts essentiels
réalise un rêve chaque jour
le combat contre soi-même
fait avancer dans la voie
Les autres peuvent ouvrir ton coeur
vouloir obscurément ton malheur
évite les pièges, les obstacles
poursuis ta route avec ardeur
et la boussole de ton étoile
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 15:14, le 10/08/2011 dans M1. MANUEL du PARFAIT NOMADE, Darjeeling Mots clefs :
|
MAHAKAL MANDIR (5.08.2011).
|
MAHAKAL MANDIR
(Darjeeling)
Au cours du mois saint :
mi-juillet à mi-août
les fidèles montent à l'aube
sur la colline, apportent
un pot d'eau et des fleurs
Ils versent l'eau sur les statues
de Shiva et de Bouddha
- qui se partagent un temple -
dans un bassin suspendu
ou sur la tête du taureau Nandi
Temples et oratoires sont dispersés
sur la colline boisée
les fidèles nus pieds font sonner
une des cloches accrochées
aux portiques multicolores
Ils font le tour d'un oratoire
certains s'arrêtent pour une prière
une libation, une offrande de fleur
et poursuivent leur périple
Les singes quittent les lieux fréquentés
les bancs et les rambardes
à travers le sous-bois en pente
pour s'épouiller, allaiter les bébés
à l'aise - à l'écart des témoins
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 15:55, le 5/08/2011 dans K3. MAHAKAL MANDIR, Darjeeling Mots clefs :
|
A L'AUBE (5.08.2011).
|
A L'AUBE
(poème)
Se lever avec le soleil
vivre sur son rythme radieux
nous accorde à la nature
le corps et l'esprit reposés
se réjouissent de toute activité
Orienter chaque journée
est un bonheur
contempler l'inépuisable
beauté offerte à nos sens
l'esprit calme, recueilli
intensément présent
à cette genèse du monde
Quand l'esprit concentré médite
la joie s'enracine en profondeur
rayonne dans le corps.
Sur de telles fondations, la journée
peut commencer : tout devient possible
(Lionel Bonhouvrier).
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 15:54, le 4/08/2011 dans K2. A L AUBE, Darjeeling Mots clefs :
|
MUSIQUE SOLAIRE (3.08.2011).
|
MUSIQUE SOLAIRE
De nouveau, la joie m'emporte
fait danser mon corps sur les routes
je poursuis le soleil - ce vagabond
que le feu de mes entrailles soit béni
Au matin, coeur béant, je médite
en prière, la joie sèche très vite
mes vêtements trempés par l'averse
Trois moines psalmodient, jouent du gong
de cymbales, de cloches et d'une conque.
C'est fini, ils quittent le temple
Silence - qu'est devenue la pluie ?
Les oiseaux se réjouissent
un coq chante, recommence, chante encore
Que préfère mon coeur : gong ou cymbales ?
Le choeur des oiseaux l'accompagne
et l'amour enflamme le sang
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 08:53, le 3/08/2011 dans K1. MUSIQUE SOLAIRE, Darjeeling Mots clefs :
|
AU PRESENT (2.08.2011).
|
AU PRÉSENT
J'écris obstinément au présent
- passé et futur n'existent pas -
je ne puis vivre qu'au présent
libre de tout souci
pour féconder chaque instant
d'une vie plus intense
Par une attention concentrée
l'esprit devient page blanche
reflète, tel un miroir
la lumière musicale des vers
Qu'est-ce qu'un poème ?
une centrale d'énergie potentielle
une cadence dictée par un ange
une grenade brève d'éternité
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 05:47, le 2/08/2011 dans J. AU PRESENT, Darjeeling Mots clefs :
|
QUIETUDE (28.07.2011).
|
QUIÉTUDE
(poème)
J'ai trouvé une quiétude
une paix profonde
racine qui palpite, pulse le sang
arque le corps à l'âme
Je vis des heures de braises
légères, de pleine confiance
j'expérimente la certitude
avec des pas de chat
une souplesse vagabonde
En mon centre, une boule de feu oscille
creuse dans ma poitrine
des galeries de lumière
Une paix profonde me simplifie
j'abandonne les pensées inutiles
en nomade attentif, je campe
dans le présent, concentré
sur les cercles centrifuges de la joie
Que la joie ravage et dévaste
cet équilibre de sérénité
une joie explosive d'étoile
apocalypse de charité
!
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 09:45, le 29/07/2011 dans H5. QUIETUDE, Darjeeling Mots clefs :
|
DARJEELING FANTOME (29.07.2011).
|
DARJEELING FANTÔME
Darjeeling
je déambule en somnambule
de brume en brume
je hume un air fort délétère
et le brouillard offre aux trouillards
lacrymogènes, de chouettes frayeurs
Est-ce le jour ? est-ce la nuit ?
Où sont les montagnes verdoyantes?
Où se cache le bleu du ciel ?
Les âmes en peine, pleines d'amertume
retour d'un bar - ivres de rhum
gémissent : adieu, ô Darjeeling !
Et les fantômes se travestissent
en loups garou, en courants d'air
sifflent des marches militaires
sous le crachin réprobateur
Est-ce la nuit ? est-ce le jour ?
Les chiens errants couinent à la lune
jappent en mordant des nappes de brume
ou m'applaudissent en funambule
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 05:46, le 29/07/2011 dans I. DARJEELING FANTOME, Darjeeling Mots clefs :
|
PRESENCE DE LA CREATION (27.07.2011).
|
PRÉSENCE DE LA CRÉATION
(poème)
La Création
n'a pas eu lieu à l'origine du monde
elle jaillit à chaque instant
vivifie les êtres, environnés de croissance.
Pour les mortels, dont le temps est compté
la joie enchâssée de douleur touche aux étoiles
Nous vivons dans un monde
en création perpétuelle
inachevé, mais toujours jeune
ses mouvements de croissance
de décroissance assurent son équilibre
comment le monde pourrait-il être vieux ?
Dans la matrice de l'espace-temps
quand nous vivons le présent
comme une grâce divine
le paradis nous sourit
au coeur d'un temps originel
cette échappée belle au paradis
est plus précieuse, ô éphémères
que nos trésors, confisqués au prix du sang
Par delà le passé et l'avenir
si nous vivons enracinés dans le présent
que craignons-nous :
la souffrance et la mort
l'envers de nos croissances ?
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 09:43, le 28/07/2011 dans H4. PRESENCE de la CREATION, Darjeeling Mots clefs :
|
DESORMAIS (27.07.2011).
|
DÉSORMAIS
(poème)
Je consacre mon temps
à écrire
à voyager entre deux séjours d'écriture
nomade dans l'espace
nomade entre deux livres
ma vie - circonscrite dans la parole
aussi légère
aussi grave que la vérité
Sur la route, ma vie s'ouvre à mesure
devient révélation
libre de vivre en conscience.
Avec une torche corolle
j'ouvre chaque pétale de lotus
J'ai accepté mon sort d'éphémère
abandonné la peur de mourir
au bord d'une route à précipices
entre Gangotri et Uttarkashi.
Il ne me reste que l'amour
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 09:21, le 27/07/2011 dans H3. DESORMAIS, Darjeeling Mots clefs :
|
EVEIL (26.07.2011).
|
ÉVEIL
Chaque jour, je m'éveille au monde
émerveillé d'être en vie
je descends la rue vers le coeur de Darjeeling
les chiens lovés en boules sur le sol
dorment encore
un passant ou deux trouent la brume
je glisse dans ce brouillard
entre les échoppes désertes ou closes
jusqu'à la fontaine de Chowrasta
je fais le tour de la place
autant de tours que nécessaire
à l'ouverture d'une échoppe
je mange et bois à la santé
du monde, à la beauté de la vie
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 05:20, le 26/07/2011 dans H2. EVEIL, Darjeeling Mots clefs :
|
SANS FRONTIERE (26.07.2011).
|
SANS FRONTIÈRE
Je suis celui qui ouvre les portes
je n'ai plus de frontières
mes pas ont la planète pour horizon
où que j'aille la vie fourmille
mon coeur y trouve son moteur immobile
Le chant de la terre m'enchante
j'écoute la souffrance et la joie
rayonner de présence
ma langue veut traduire l'univers
rendre sa musique de braises et de séismes
Je remercie, je rends grâce
pour le don de présence
je ferai ma révolution où que le vent
m'emporte, jamais à bout de souffle
la parole explose hors d'atteinte
Quand le temps me favorise
le passé ouvre ses archives
dans l'érosion du relief
les couches sédimentaires des roches
dans les âmes et les coeurs humains
Je plonge dans le présent
avec une joie de canibale
pour y lire la création du monde
qu'importe alors l'avenir ?
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 09:18, le 25/07/2011 dans H1. SANS FRONTIERE, Darjeeling Mots clefs :
|
RETOUR DE HAPPY VALLEY (24.07.2011).
|
RETOUR DE HAPPY VALLEY
Nous sortons de la maisonnette de Kumsun.
En anglais, je me moque gentillement de Clare, Julie et Kristen.
Le sérieux de ces jeunes Américaines, pendant la "cérémonie du thé", était plaisant.
Écoutant pieusement les explications sur le thé de Kumsun, elles n'osaient parler qu'à voix basse. On se serait cru à l'église...
Nous remontons le sentier en partie empierré, déchiqueté, humide et glissant. La brume envahit presque tout l'espace, assourdit les sons, qui jaillissent de nulle part.
- "It's peaceful !"
Je m'arrête pour jouir de cette paix, qui annonce le crépuscule.
L'air réjouit les poumons, les oreilles vibrent sous l'imperceptible caresse des sons.
L'anticipation de la nuit donne une grande profondeur à l'ouïe, à la vue et à l'odorat. A pleins poumons, je respire avec délice cette nourriture, fouillant l'espace du regard pour découvrir l'origine mystérieuse des sons.
A SUIVRE...
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 05:16, le 24/07/2011 dans G. RETOUR DE HAPPY VALLEY, Darjeeling Mots clefs :
|
ECOUTE, PAUVRE ENCLUME (19.07.2011).
|
ÉCOUTE, PAUVRE ENCLUME
1
Je crois que nous sommes bouchés
Je crois que nous sommes sourds.
Je vais donc me répéter, encore et encore.
Parce que tu es aussi bouchée que moi
pauvre enclume
je vais te traiter à coups de marteau.
2
Savons-nous encore respirer ?
Est-ce que l'air nous inspire ?
La musique nous fascine
et nous ondulons, serpents hypnotisés
dansant sur une musique de hasard.
Mais qu'en est-il de notre propre musique ?
3
Savons-nous écouter notre coeur ?
Nous marchons souvent à l'aveuglette
de malédictions en souffrances
imperméables à notre voix intérieure
abasourdis de surdité
4
L'air en nous doit circuler
irriguer la plus subtile de nos fibres
créer l'inspiration de nos pensées, de nos actes.
Es-tu aussi bouchée que moi
carapace tenace de certitudes ?
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 08:30, le 19/07/2011 dans F5. ECOUTE, PAUVRE ENCLUME, Gangtok Mots clefs :
|
OUVRE ton COEUR (17.06.2011).
|
OUVRE TON COEUR
(poème)
Ouvre ton coeur, créature
au diable les pensées négatives !
écoute le chant de ton coeur
choisit l'amour et la vie
Ouvre ton coeur, homo sapiens
laisse l'amour t'envahir
y développer ses miracles
telle est la voie
Ouvre ton coeur, éphémère
donne sa chance à l'éternel
ta poitrine est aussi vaste que l'amour
que ne peut-elle contenir ?
Ouvre ton coeur, étranger
il est temps de quitter le monde
presse-le à la santé des âmes
de l'aube au crépuscule
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 08:07, le 17/06/2011 dans F4. OUVRE TON COEUR, Gangtok Mots clefs :
|
PASSANTS de GANGTOK (13.06.2011).
|
Des PASSANTS de GANGTOK
Après une semaine de séjour à Gangtok, je constate que j'ai très peu de contacts avec les habitants.
Ils m'évitent en général.
Voici quelques raisons qui pourraient expliquer ce phénomène, inattendu.
1. Le manque d'habitude de voir des étrangers.
Je n'ai croisé qu'une dizaine d'Occidentaux ! Un nombre très faible pour la capitale du Sikim.
Gangtok respire la province de jour comme de nuit. Les soirées de Gangtok sont courtes et pantoufflardes...
2. Le Sikim a longtemps été un royaume coupé du monde.
Le manque de curiosité pour ce qui est étranger semble indéniable.
Ailleurs en Inde, dans les régions rurales, cette curiosité est souvent excessive...
3. On passe alors à une méfiance pour ce que l'on ne connaît pas.
Dès mon arrivée, je remarque une réticence à me louer une chambre. Réticence parfois agressive quand je révèle le prix qui me convient.
Dans Tibet Road, un hôtelier cynique m'annonce avec délectation :
-"We have a single room. It's 2000 roupies !"
Je réagis immédiatement :
-"You offer me the Paradise, sir ! Sorry, but I prefer to find a normal room !"
4. Il m'est arrivé d'engager la conversation dans la rue, à propos d'une chose ou d'une autre.
Mon interlocuteur m'a rarement répondu !
Un regard rapide, une esquive, voilà tout...
L'absence de réponse empêche tout échange.
Y-a-t-il une règle qui interdit de s'adresser à un étranger dans la rue ? Cette règle est-elle héritee de l'ancien royaume ?
Conclusion provisoire :
Mes relations les plus courtoises sont commerciales.
Avec des serveurs de restaurants ou des épiciers, j'ai pu converser normalement. Je suppose qu'ils avaient peu de mauvaises surprises à attendre de ma part.
Pourquoi bouder un client régulier, même étranger ?
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 17:44, le 13/06/2011 dans F3. PASSANTS de GANGTOK, Gangtok Mots clefs :
|
LETTRE de GANGTOK (11.06.2001).
|
LETTRE de GANGTOK
(11 juin 2011)
1
M.G. MARG
Un petit déluge me contraint à trouver refuge dans une cyberboutique.
Vous en profitez...
Gangtok est une drôle de ville.
Son côté commercial occidentalisé me déçoit immédiatement.
Je parle de la grande rue piétonne, proprète à l'allemande, véritable enclave germanique en ces montagnes.
Elle brasse la jouissance de centaines de touristes indiens léchant leur ice-cream du matin au soir.
Sur M.G. Marg, fast-food, boutiques de fringues, hôtel-restaurants, cafés, salons de thé et pâtisseries se chevauchent.
Le nombre d'échoppes débitant de l'alcool, avec leurs files de bouteilles aux étiquettes armoriées, est impressionnant.
Les gens raffolent de cette rue.
Pas de voitures puantes et klaxonnantes, qui vous stressent dans votre promenade. Quel progrès !
On se fixe un rendez-vous à tel endroit, on attend sur un banc.
Je m'assieds aussi pour écrire. La musique sonorisée omniprésente me pompe l'air... Arroser les rues de musique pour pousser à la consommation est diabolique.
Et je dois trouver un endroit plus calme...
Sur M.G. Marg, on se déplace avec des amis, en famille, les écoliers s'accompagnent.
De nombreux zombies marchent au radar en parlant dans leur téléphone, ou pianotent sur son clavier.
Mais l'activité la plus prisée, quelle que soit l'heure, c'est de lécher des ice-cream !
2
AUTOUR DE GANGTOK
La grande route traverse Gangtok du nord au sud. Elle draine la plupart du trafic, du bruit et de la pollution. Le mieux est d'y échapper.
En déambulant, j'apprends à apprécier la région.
Le cadre est magnifique, sur un versant à 2200 m d'altitude.
Dès que cela grimpe, je cherche les crêtes, pour la vue et la tranquillité.
Il y a de chouettes jardins, où jouir du calme.
La région est réputée pour ses fleurs.
J'ai fait de belles photos d'orchidées, de libellules...
Le vol des libellules est passionnant.
Je raconte une après-midi passée dans des jardins et au monastère d'Enchey dans "ENCHEY GOMPA (GANGTOK)".
3
L'INSTITUT DE TIBÉTOLOGIE
C'est le centre de recherches le plus célèbre en Inde pour l'étude du tibétain et du bouddhisme.
Depuis le centre ville, je descends à pied vers le sud.
La grande route traverse Deorali. Au téléphérique, une rue monte sur la gauche.
Petite visite dans un parc au nom surdimentionné : le Chogyal Palden Thondup Naingyal Memorial Park...
Inauguré en 2003 dans un sous-bois, c'est un endroit paisible et frais. Un pavillon est décoré de peintures.
Je n'y croise qu'un jeune couple et la guichetière des lieux.
L'entrée est théoriquement payante. Mais elle semble s'ennuyer, rêver d'être ailleurs et s'absente volontiers de son poste.
En remontant, je trouve un accès par les bois jusqu'à l'institut de Tibétologie. J'aboutis derrière la bibliothèque, que je visite.
Je retournerai y lire quelques heures.
Les gens viennent en jeeps ou en taxis, qui les déposent devant l'entrée principale. J'y descends pour acheter un ticket de visite.
La grande salle expose des trésors :
- une collection de statuettes de boddhisattvas, de Bouddha, du guru Rimpoche (Padmasambava), d'Avalokiteshvara, de Tara...
- des séries de tangkas (nom tibétain des mandalas, ces diagrammes peints, supports à la méditation). Une série résume la vie de Bouddha en douze tangkas.
- des rouleaux de manuscrits en plusieurs langues, des livres rectangulaires à la couverture en bois.
Un coup de fatigue me saisit.
Je n'arrive plus à apprécier ce que je vois. Une chaleur écrasante, le trajet sur une route poussiéreuse avec un sac lourd me pèsent.
Je m'assieds sur l'unique chaise de la salle pour récupérer et écrire.
On trouve aussi des objets utilisés par les lamas dans leurs rituels :
Le foudre (vajra), la cloche et le damaru (petit tambour léger).
Ainsi que des ossements humains : tibias, crânes coupés en deux... pour rappeler l'impermanence de la condition humaine...
En ce début d'après-midi, la foule me gêne.
Enfants braillards, mères égarées, pères autoritaires... Et le ballet des portables, des appareils photo...
Déjeunons dans une cafétéria, près de l'entrée de l'institut.
Plus haut, je continue vers un monastère bouddhiste.
4
MONASTÈRE ET CHORTEN DO-DRUL
J'arrive au monastère à un moment favorable. Les gens mangent encore. Moines et moinillons vont et viennent autour du grand stupa.
Une centaine de moulins à prières entourent l'enclos.
Les bâtiments de la grande cour sont des logements, une salle d'étude avec bibliothèque, une grande salle de réception.
Je m'assieds dans le fond et laisse passer le temps.
Mais les visiteurs arrivent par vagues, font tourner les tambours à prières, s'interpellent...
Que pensent les moines de cet afflux bruyant ?
S'ils souhaitent la paix pour prier, méditer, c'est raté...
Dans la salle des lampes, des moines s'activent.
La flambée de centaines de lampes dégage une grande énergie.
Cela attire tous les photographes de passage.
Au centre du stupa, un moine s'occupe des fleurs du jardin.
Les visiteurs font tourner les tambours, caressent un chat, se photographient et repartent par où ils sont venus.
En quittant la cour principale, je contourne le monastère par un chemin de traverse. Près des bois, il mène à d'autres bâtiments, surtout des logements d'hommes et de femmes. Les moines y sont tranquilles.
Voilà pour le moment.
Les coupures de courant se multiplient. Alors les cyberboutiques se vident. Et je trouve à m'occuper loin des ordinateurs.
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 08:44, le 11/06/2011 dans F2. LETTRE de GANGTOK, Gangtok Mots clefs :
|
ENCHEY GOMPA (GANGTOK) (10.06.2011).
|
ENCHEY GOMPA
(Gangtok)
1
Le monastère bouddhiste d'Enchey est situé au nord de Gangtok, près de la grande tour de télévision.
C'est mon lieu préféré à Gangtok.
En chemin, je traverse des espaces verts.
J'ai besoin d'échapper au bruit et à la circulation automobile.
Par Tibet Road, la route monte jusqu'au City Millenium Garden, ouvert vers 2000 ou 2001, comme son nom l'indique.
C'est un jardin à flanc de côteau, créé au milieu des arbres. Un kiosque et des bancs, parmi les fleurs, favorisent le repos et la rêverie.
Photographie macronumérique pour les fleurs.
La serre domine une zone militaire, avec un radar et des gardes.
A la marre, j'observe le vol des libellules.
Piétons et écoliers traversent volontiers le jardin, qui permet d'échapper un moment aux véhicules.
Pour accéder au quartier du Ridge, je remonte par un des escaliers, qui coupent à travers la colline.
Un rond point exhibe une statue de Nehru, au dessus du Ridge Park.
Près du kiosque et des bancs de ce petit jardin, la vue est belle sur les montagnes et la vallée.
Je visite en contrebas le Flower Exhibition Centre (10 Rs).
Une grande serre protège une marre et un pont, autour desquels sont plantées de magnifiques orchidées.
L'orchidée est la fleur symbole du Sikim, comme le panda rouge et le faisan doré en sont les animaux emblématiques.
Les Indiens se photographient bruyamment au milieu des fleurs. Certains photographient les orchidées de la serre et y prennent goût.
Dans la nature, ils n'y pensent guère...
Trop de monde, trop d'agitation me font sortir assez vite.
A la place Nehru, je marche entre deux grandes propriétés, avec la tour de télévision en point de mire.
Des raccourcis s'imposent car il se fait tard et la route en lacets est assez longue.
Un escalier raide, entre deux guérites militaires.
Puis un sentier grimpant à travers bois. Un ruisseau dévale la pente, submerge un tronçon du chemin.
2
Contrairement à mes habitudes, j'arrive à Enchey en fin d'après-midi.
Franchi le portail d'entrée, une longue allée, ponctuée de centaines de tambours de prières colorés, monte jusqu'à la cour principale.
Sur les côtés, des stupas blancs à pointe dorée, sont reliés les uns aux autres par des drapeaux et des banières multicolores flottant au vent.
Je croise moines et moinillons en robes pourpres, descendant en petits groupes.
Un vieux moine monte avec difficulté à l'arrière d'une moto.
Certains commentent et rient.
Sous les fenêtres de chambres de moines, l'hygiène laisse à désirer. Tas d'ordures et odeurs garantis.
Des chiens déambulent silencieusement.
Avec un paradis d'odeurs à explorer...
Là-haut, autour de la grande place, les bâtiments sont fermés.
Les rares visiteurs indiens repartent vite. Après un tour de la cour, ils ne savent plus que faire.
Un peu désarçonnés peut-être, par l'indifférence des moines.
Jusqu'à la tombée de la nuit, je circule entre les bâtiments, prends des photos et j'écris dans la cour face au monastère.
Le calme est souverain. Grande paix intérieure.
Une conversation entre deux moines, des bruits légers d'animaux, un klaxon lointain en contrebas ponctuent le silence.
Les oiseaux s'en donnent à coeur joie jusqu'au crépuscule.
J'écris jusqu'à ne plus rien y voir.
Je reviendrai à une autre heure, notamment pour entrer dans la salle de prières.
Et assister à une puja.
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 08:44, le 10/06/2011 dans F1. ENCHEY GOMPA (Gangtok), Gangtok Mots clefs :
|
LUXE SUPREME (1.06.2011).
|
LUXE SUPRÊME
(Poème)
Ne rien faire
filtrer le sable du temps
des énergies s'accumulent
pour les randonnées affolées d'espace
débauches musculaires gratuites
Ne rien faire
se fier au pouvoir germinatif du temps
les miracles de la nature s'expliquent
Travail et repos alternent
se renforcent et se complètent
décider de l'emploi de son temps
est le luxe suprême
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 05:05, le 4/06/2011 dans E3. LUXE SUPREME, Darjeeling Mots clefs :
|
DARJEELING (1.06.2011).
|
DARJEELING
(poème)
Écoute la ronde des passants
de Darjeeling
ils vont et viennent
ne pensent à rien de spécial
passent agréablement le temps
Les gamins montent fièrement des poneys
les écoliers rentrent chez eux en groupes
des touristes se photographient
Sur mon banc, des vieux m'entourent
boivent un thé, lisent le journal
discutent, échangent des nouvelles
Je me fais des amis uniquement
parce que je suis assis à Chowrasta
heureux de vivre, insouciant du temps
Au plus loin des soucis et des obligations
je savoure les heures
j'apprends la liberté, la poésie
l'insondable richesse intérieure
Mon coeur s'épanouit à Darjeeling
au lieu de randonner dans les environs
j'exprime le suc du temps
les deux m'agréent, pourquoi choisir ?
(Darjeeling, 1er juin 2011).
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 13:04, le 3/06/2011 dans E2. DARJEELING, Darjeeling Mots clefs :
|
AUTOPORTRAIT (3.06.2011).
|
AUTOPORTRAIT
Empiler des richesses matérielles
jusqu'à la veille de sa mort
j'y renonce à jamais
nos jours sont trop précieux
pour être sacrifiés à l'argent
J'occupe en ce monde
une place périphérique
rêveur éveillé, à la recherche de lois
je veux ouvrir un sillon
faire dégorger au temps des trésors
Au coeur du monde, il voyage
occupé de vivre et d'écrire
prenant le temps de connaître un lieu
jamais pressé d'aller voir ailleurs
Si les jours se densifient
si les heures regorgent de richesses
pourquoi changer de lieu
ô nomade ?
(Darjeeling, 3.06.2011).
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 13:02, le 2/06/2011 dans E1. AUTOPORTRAIT, Darjeeling Mots clefs :
|
VISITE a GHOOM (6.06.2011).
|
VISITE À GHOOM
(Darjeeling)
LE TRAIN MINIATURE
Aujourd'hui, je vais à Ghoom par le Toy Train, un train miniature construit par les Anglais au XIXe siècle.
A la gare de Darjeeling, j'achète un billet pour le train habituel.
Il existe des trains touristiques, beaucoup plus chers, où les étrangers se regroupent.
Les préparatifs sont assez longs : mise en place des wagons, arrivée de la locomotive. Le convoi ne démarre qu'à 10h15.
Dans mon wagon, les passagers sont tous Indiens. Certains adultes sont aussi excités que leurs enfants.
Chacun veut photographier ou filmer la montagne.
Je suis obligé de demander à un couple de s'asseoir, car il m'empêche de voir le paysage.
Ghoom est la première station de la ligne au sud de Darjeeling.
Le train roule lentement, parcourt huit kilomètres en une demie heure.
Je repère à droite de la voie ferrée l'Ava Art Gallery, puis un immense monastère bouddhiste.
A Batasia Loop, le convoi décrit un cercle autour du monument commémoratif. Les photographes réagissent aussitôt.
MONASTÈRE SAKYA CHOLING
Ghoom est connue pour ses monastères bouddhistes.
De la gare, je descends la route jusqu'au Sakya Choling Gompa, repéré dans le train.
Une arche d'entrée donne sur un pont métallique, surplombant un ravin. Les détritus s'y accumulent...
Enfants et adolescents, en robe de moine, jouent au base-ball dans la cour.
Des escaliers mènent à un grand moulin à prières, puis jusqu'à la cour principale au sommet.
Une grande roue de bois est couchée au milieu de la cour.
Je salue d'un signe de tête quelques anciens, assis sur un banc.
Dans la salle de prière, un moine psalmodie et chante, livre ouvert. Un second moine fabrique des bâtonnets d'étoupe.
Dans l'obscurité, je m'assieds près d'une fenêtre pour écrire.
Cette salle est presque identique à celles du Ladakh, de l'Himachal ou d'autres zones bouddhistes.
Un moinillon entre, allume quelques lampes, deux néons et repart.
Quand je récupère mes sandales, il éteint et ferme la salle.
Une petite pièce contient des dizaines de lampes à huile allumées.
Des moines redressent joyeusement la roue de bois, la font rouler contre un mur.
Je passe à l'accueil, où des Indiens viennent d'arriver. Pour s'informer, ou peut-être pour y loger. Ce gompa contient 82 chambres.
Le temps se couvre. La brume descend sur la ville.
Après un tour du monastère, je repasse le pont métallique.
MONASTÈRE YIGA CHOLING
Un panneau indique la direction du Yiga Choling Gompa.
On traverse une rue d'échoppes, puis la nature réapparaît.
Le brouillard s'épaissit. Je photographie l'arche d'entrée, mais le monastère est noyé dans le brouillard.
J'entre à l'office, personne.
Je passe dans le hall de méditation. Surprise ! Une vingtaine de personnes dorment sous des couvertures contre les murs.
Ce sont des femmes. Il n'est pas midi. Drôle d'heure pour dormir.
Dans la cour, des hommes repeignent les bancs et l'accès vers la salle de prières.
Un Anglais en robe de moine m'aborde. Il loge ici pour une retraite d'une dizaine de jours.
Et ces travaux de peinture ? C'est en l'honneur d'une grande fête, le 16 juin, qui attirera beaucoup de monde
Le célèbre Ananda Govinda a fondé ce monastère vers 1850.
Je crois avoir vu un livre de lui chez Albin Michel : "Les nuages blancs d'inconnaissances". Ce serait aussi une plaisanterie au sujet du brouillard de Ghoom !
Dans la grande salle, une vingtaine de personnes, moines et laïcs, sont réunies. Beaucoup prennent la parole.
Pas question de photographier.
Mais les fresques anciennes sont magnifiques. Une statue du Bouddha Maitreya. Je reviendrai après manger.
Je trouve une dhaba près de la gare de Ghoom.
Des jeunes hommes mangent, discutent vigoureusement et s'enfilent des bières.
Des habitués et le personnel me regardent écrire avec curiosité.
Les momos sont corrects.
Après le repas, je retourne au Yiga Choling.
Disparaissant dans le brouillard, plus dense que ce matin, le Yiga Choling mérite son surnom : "monastère des ténèbres".
On ne voit rien à quelques mètres...
La salle de prière est gardée par un jeune moine.
Il me donne un autocollant avec le site du monastère. Je m'assieds et sors cahier et stylo.
-"12 roupies !", précise-t-il. Et de rajouter : "One photo, 10 roupies !"
Quel sens des affaires ! J'oublie ce businessman en écrivant.
Le bois donne un côté chaleureux à cette salle. Plancher, plafond, la balustrade circulaire autour de Maitreya, la plupart des meubles...
Les couleurs vives renforcent cette impression.
Le rouge carmin domine sur les colonnes, les meubles, les carrés du plafond à caissons.
Et le jaune habille le plafond, éclaircit les trois bibliothèques. Deux coiffes de cérémonie surmontent un gong.
Le temps passe.
Des bougies allumées font tourner trois moulins à prières.
Il pleut, le moine s'est endormi. Cet endroit est triste, tout le monde ne pense qu'à dormir.
Le moine sort pour se dégourdir.
J'arrive à la fin d'une page. Bon moment pour errer de nouveau.
BROUILLARD ET CRACHIN
Pluie et brouillard, un cocktail sinistre, idéal pour le tournage d'un film d'horreur ou de fantômes...
Visiter d'autres monastères ? Je n'en ai plus envie.
A la gare de Ghoom, j'attends en vain l'arrivée d'un train.
Cacaouettes, puis un thé pour patienter, me réchauffer.
J'ai froid dans ce brouillard, pimenté de crachin. .
Alors je grimpe dans une jeep collective, plus rapide.
Au retour à Darjeeling : grand soleil et températures douces.
C'est le contraste habituel en montagne...
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 12:51, le 1/06/2011 dans D. VISITE a GHOOM, Ghum Mots clefs :
|
LETTRE de DARJEELING (5.06.2011).
|
LETTRE de DARJEELING
(5 juin 2011).
1
Depuis une semaine, je vis au nord du Bengale, à Darjeeling.
Côté climat, c'est l'opposé de Delhi.
Fraîcheur, brouillard, il pleut assez souvent.
Bref, la montagne, exposée à la mousson depuis deux semaines.
Darjeeling est une station climatique créée par les Anglais au XIXe siècle.
Elle s'étage entre 1800 et 2200 m d'altitude.
On y respire autrement mieux que dans les plaines du Gange ou de la Yamuna.
Je m'y sens très bien.
Je loge dans une guesthouse extra et je m'entends à merveille avec son hôtesse.
J'évite les cafés et restos où les quelques Occidentaux s'agglutinent.
Beaucoup d'Indiens, me voyant seul, m'abordent pour discuter.
Promenades, écriture, randonnées dans les environs, réflexion.
J'ai une énergie incroyable, les idées fusent.
Et je prépare mon voyage au Sikim (deux ou trois semaines de randonnées).
2
UNE PLANTATION DE THÉ
Hier, le temps était beau.
De la gare routière, un sentier pour chèvres descend sur la rive d'un profond torrent, passe devant l'entrée du jardin botanique.
Je demande le chemin aux embranchements des sentiers.
L'un remonte, le paysage se dégage.
Sur le versant, les plantations de théiers sont de plus en plus denses.
On finit par repérer la grande factory rouge.
La Happy Valley est l'une des 84 plantations de théiers de Darjeeling.
On passe devant une cabane tenue par une femme, qui vend du thé aux touristes.
Aussitôt, un guide m'embarque pour une visite de l'usine.
A condition de comprendre son anglais, on devient incollable sur les multiples opérations de séchage et de tri du thé.
Pour ma part, je ne saisis qu'une petite moitié de ses explications...
La femme m'attend pour un rituel rodé depuis des lustres.
Son salon est tapissé de peluches étalées sur les banquettes (tigres, chiens) ou suspendues (singes). C'est l'antichambre du zoo !
Le guide attend son pourboire, puis s'éclipse.
L'hôtesse présente plusieurs qualités de thé, explique que l'on doit en prendre une poignée, souffler dans sa main, l'ouvrir enfin pour en sentir l'arôme.
Dans la cuisine, elle prépare une tasse d'eau chaude, qu'elle sert au salon avec le cérémonial d'usage.
Cela coûte 50 roupies (davantage qu'une journée de travail d'une cueilleuse...)
Elle propose ensuite du thé à offrir, comme souvenir indispensable d'un séjour à Darjeeling. Cela va de 200 à 1000 roupies les 100 grammes.
Son bagoût ronronne si bien que mon esprit s'égare dans les livres d'or, remplis scrupuleusement par des générations de visiteurs.
J'y apprends le prénom de l'hôtesse, Kumbun. On y vante ses explications et sa cordialité dans toutes les langues d'Europe, d'Amérique ou d'Asie.
Aucune remarque originale dans ce fatras de banalités.
Sôtisier indispensable sur le thé au pays de Babel !
J'aime surtout me promener dans la plantation.
J'échange quelques mots avec les cueilleuses, allant en petits groupes sur les sentiers, leur hotte sur le dos.
Elles ramassent les jeunes pousses de thé en se protégeant avec une ombrelle. Hier, c'était du soleil.
On paye ces cueilleuses une misère : 265 roupies la semaine...
Happy Valley Tea Eastate... Mais pour les cueilleuses ?
On est loin des mystéres du thé, des prix affichés hardiment par Kumbun, relayant les pubs occidentales vaporeuses pour consommateurs à haut pouvoir d'achat.
Je longe un des villages, dispersés dans les plantations, à flanc de colline. Les maisons sont construites avec des matériaux de récupération : tôles, planches, bâches de plastique...
Des jeunes hommes, de corvée d'eau, portent sur le dos de grands jerricans, remplis à une source.
Des villageois descendent à un ruisseau, où ils lavent du linge.
Premières photos du voyage : cueilleuses, villageois au travail, plans de thé, fleurs en macronumérique.
3
DU CÔTÉ DU ZOO
De la plantation, je rejoins la route qui mène au zoo.
Une dhaba ne donne faim. Riz au thali.
Plusieurs touristes Indiens entrent, mais repartent aussitot, ne trouvant pas les lieux à leur goût.
Un homme épluche le menu et le critique bruyamment !
Je souris à la patronne, très sympathique, pour lui remonter le moral après la charge de ce butor.
La voie d'accès au zoo est une kermesse de boutiques plus ou moins utiles : sucreries et boissons, colifichets de pacotille.
La billeterie demande 40 Rs à un Indien et 100 Rs à un étranger.
Un exemple parmi beaucoup d'autres des droits d'entrée inégaux entre Indiens et étrangers.
Le zoo se spécialise dans les animaux rares, dont on favorise la reproduction pour contribuer à leur sauvegarde.
Des fauves : panthère des neiges, panthère noire, ours noir asiatique, ocelot, loup du Tibet, tigre du Bengale...
Des herbivores : panda rouge, daims, cerfs, yacks, bouquetins, antilopes bizarres...
Ou une série de faisans multicolores, des civettes, singes...
L'institut himalayen de la montagne est perché sur une hauteur du zoo. Haut lieu de l'alpinisme mondial, inauguré en 1954 par Nehru.
Pour tout savoir sur la conquête de l'Everest par Edmund Hillary et Tenzing Norgay en 1953. L'accent est mis sur l'ascension de la face sud par Tenzing Norgay et sur sa carrière, patriotisme oblige.
Deux vastes maquettes de l'Himalaya permettent de visualiser toute la chaîne et les principaux sommets depuis le Karakorum jusqu'à l'Assam. On peut allumer des ampoules dans les trois vallées majeures : l'Indus, le Gange et le Brahmapoutre.
Des panneaux d'informations et divers objets résument et illustrent les principales ascensions dans l'Himalaya par le gratin des alpinistes internationaux.
De nombreux objets indispensables aux alpinistes sont exposés : chaussures, crampons, piolets, bouteilles d'oxygène, sacs à dos...
Dans la cour de l'institut, des Indiens mangent ou lèchent des glaces, se photographient devant la statue en majesté de Tenzing.
La seule boutique qui m'intéresse est fermée (accès à internet).
Je termine la visite du zoo avant de regagner Chowrasta.
Lionel Bonhouvrier.
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 12:46, le 31/05/2011 dans C. LETTRE de DARJEELING, Darjeeling Mots clefs :
|
FUSEES (31.05.2011).
|
FUSÉES
1
Sommes-nous autre chose
que des molécules de conscience
lancées dans le toboggan du temps ?
2
Inaudible est le cri du silence
3
Ouvre-moi
ouvre-moi les portes de la mémoire
car une dérive interminable me guette
dans les corridors de glace du néant
Ouvre-moi la nuit étoilée
aux fusées multicolores
les moulins à prières tournent jusqu'à l'envol
quand Dieu parle, je m'oublie dans l'écoute
ouvre-moi les portes insoupçonnées de la mémoire
4
Ancré dans une démarche
de géographe
je lis l'écriture de la terre
la main relie les jambes au cerveau
Je peux dire aux sédentaires
que le ciel est une maison idéale
que la terre tourne incessamment
qu'un sac de voyage suffit pour vivre
dans la liberté de chaque jour
Mais comprendront-ils ?
Quand les pensées s'alourdissent
l'esprit se sclérose
et la liberté, mon frère, terrorise
5
Et si je tombe, je me relèverais
cent fois, dix mille fois
je rirais à la mort
Je veux peupler ce monde
d'un nomadisme de braise
avant que la mort n'ait le dernier mot
(Darjeeling, 31 mai 2011).
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 12:21, le 30/05/2011 dans B. FUSEES, Darjeeling Mots clefs :
|
LIBERE de l'ENVOUTEMENT (Delhi, 21.05.20011).
DELHI de FUITE (Delhi, 19.05.2011)
|
DELHI de FUITE
Avec son plâtre à la jambe, il attire l'attention de quelques personnes à Paharganj.
Des curieux veulent connaître la raison de ce plâtre.
A chacun, il donne une version différente, qu'il invente en scrutant son interlocuteur. Et ils se séparent, satisfaits de ce bref échange.
Ce n'est pas un menteur.
Mais une histoire vraie, répétée plusieurs fois, s'use, prend de bizarres tournures. La répétition lui ôte sa vivacité et même sa vraisemblance.
Inventer chaque fois une histoire nouvelle, c'est retrouver la fraîcheur de la vie. On se passionne pour une vieille histoire en la réinventant.
* * *
Rasant les murs, en quête d'une ombre improbable, il médite sur la canicule.
- "Quarante cinq degrés !", lui annonce son logeur.
Son corps ruisselle sous la fournaise de mai.
Trop de chaleur, marmonne-t-il, trop de chaleur...
Trop de chaleur, de poussière et de bruit, trop de pollution à Delhi, trop de gens embarqués au hasard de leur vie, justement à Delhi...
Trop de sécheresse, d'encombrements dans les rues, trop de carcasses jetées au rebut, trop de personnes broyées par les engrenages du monstre, un trop plein incompréhensible.
Delhi ne fonctionne que par routine. Un jour pousse le précédent, une vie succède à une autre vie. Cette fourmilière invivable atteindra le pire, un jour ou l'autre.
A moins que...
Et si tous ces gens étaient touchés par la grâce ?
- "Que fais-je ici ? Pourquoi ne pas aller vivre ailleurs ?"
Ils prendront leur clic et leur clac, quitteront l'enfer de Delhi, libérés de l'envoûtement de l'habitude.
Et Delhi retournera à la nature, vidée de sa substance humaine, message pour de futurs archéologues.
Delhi deviendra mythe, une possibilité d'enfer terrestre.
Le souvenir de Delhi deviendra poussière.
(Delhi, 19.05.2011).
|
commentaires (
0
) :: Ajouter un commentaire
:: Lien permanent
Publié à 08:43, le 19/05/2011 dans A1. DELHI de FUITE, New Delhi Mots clefs :
|
|