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LETTRE de DARJEELING (5.06.2011).

 

LETTRE de DARJEELING

 (5 juin 2011).

 


1

 


Depuis une semaine, je vis au nord du Bengale, à Darjeeling.
Côté climat, c'est l'opposé de Delhi.

Fraîcheur, brouillard, il pleut assez souvent.
Bref, la montagne, exposée à la mousson depuis deux semaines.


Darjeeling est une station climatique créée par les Anglais au XIXe siècle.
Elle s'étage entre 1800 et 2200 m d'altitude.
On y respire autrement mieux que dans les plaines du Gange ou de la Yamuna.

Je m'y sens très bien.
Je loge dans une guesthouse extra et je m'entends à merveille avec son  hôtesse.
J'évite les cafés et restos où les quelques Occidentaux s'agglutinent.
Beaucoup d'Indiens, me voyant seul, m'abordent pour discuter.

Promenades, écriture, randonnées dans les environs, réflexion.
J'ai une énergie incroyable, les idées fusent.
Et je prépare mon voyage au Sikim (deux ou trois semaines de   randonnées).

 

 

2

 

 

UNE PLANTATION DE THÉ



Hier, le temps était beau.

De la gare routière, un sentier pour chèvres descend sur la rive d'un profond torrent, passe devant l'entrée du jardin botanique.

Je demande le chemin aux embranchements des sentiers.

 

L'un remonte, le paysage se dégage.

Sur le versant, les plantations de théiers sont de plus en plus denses.

On finit par repérer la grande factory rouge.


La Happy Valley est l'une des 84 plantations de théiers de Darjeeling.

On passe devant une cabane tenue par une femme, qui vend du thé aux touristes.

Aussitôt, un guide m'embarque pour une visite de l'usine.
A condition de comprendre son anglais, on devient incollable sur les multiples opérations de séchage et de tri du thé.

Pour ma part, je ne saisis qu'une petite moitié de ses explications...

 

La femme m'attend pour un rituel rodé depuis des lustres. 

Son salon est tapissé de peluches étalées sur les banquettes (tigres, chiens) ou suspendues (singes). C'est l'antichambre du zoo !

Le guide attend son pourboire, puis s'éclipse.

 

L'hôtesse présente plusieurs qualités de thé, explique que l'on doit en prendre une poignée, souffler dans sa main, l'ouvrir enfin pour en sentir l'arôme.

Dans la cuisine, elle prépare une tasse d'eau chaude, qu'elle sert au salon avec le cérémonial d'usage.

Cela coûte 50 roupies (davantage qu'une journée de travail d'une cueilleuse...)
Elle propose ensuite du thé à offrir, comme souvenir indispensable d'un séjour à Darjeeling. Cela va de 200 à 1000 roupies les 100 grammes.


Son bagoût ronronne si bien que mon esprit s'égare dans les livres d'or, remplis scrupuleusement par des générations de visiteurs.

J'y apprends le prénom de l'hôtesse, Kumbun. On y vante  ses explications et sa cordialité dans toutes les langues d'Europe, d'Amérique ou d'Asie.

Aucune remarque originale dans ce fatras de banalités.

Sôtisier indispensable sur le thé au pays de Babel !

 

J'aime surtout me promener dans la plantation. 

J'échange quelques mots avec les cueilleuses, allant en petits groupes sur les sentiers, leur hotte sur le dos.
Elles ramassent les jeunes pousses de thé en se protégeant avec une ombrelle. Hier, c'était du soleil.

 

On paye ces cueilleuses une misère : 265 roupies la semaine...

Happy Valley Tea Eastate... Mais pour les cueilleuses ?

On est loin des mystéres du thé, des prix affichés hardiment par Kumbun, relayant les pubs occidentales vaporeuses pour consommateurs à haut pouvoir d'achat.

 

Je longe un des villages, dispersés dans les plantations, à flanc de colline. Les maisons sont construites avec des matériaux de récupération : tôles, planches, bâches de plastique...

Des jeunes hommes, de corvée d'eau, portent sur le dos de grands jerricans, remplis à une source.

Des villageois descendent à un ruisseau, où ils lavent du linge. 

 Premières photos du voyage : cueilleuses, villageois au travail, plans de thé, fleurs en macronumérique.

 

 

 

3

 

 

DU CÔTÉ DU ZOO

 

 

De la plantation, je rejoins la route qui mène au zoo.

Une dhaba ne donne faim. Riz au thali.

Plusieurs touristes Indiens entrent, mais repartent aussitot, ne trouvant pas les lieux à leur goût.

Un homme épluche le menu et le critique bruyamment !

Je souris à la patronne, très sympathique, pour lui remonter le moral après la charge de ce butor.

 

La voie d'accès au zoo est une kermesse de boutiques plus ou moins utiles : sucreries et boissons, colifichets de pacotille.

La billeterie demande 40 Rs à un Indien et 100 Rs à un étranger.

Un exemple parmi beaucoup d'autres des droits d'entrée inégaux entre Indiens et étrangers.


Le zoo se spécialise dans les animaux rares, dont on favorise la reproduction pour contribuer à leur sauvegarde.

Des fauves : panthère des neiges, panthère noire, ours noir asiatique, ocelot, loup du Tibet, tigre du Bengale...

Des herbivores : panda rouge, daims, cerfs, yacks, bouquetins, antilopes bizarres...

Ou une série de faisans multicolores, des civettes, singes...



L'institut himalayen de la montagne est perché sur une hauteur du zoo. Haut lieu de l'alpinisme mondial, inauguré en 1954 par Nehru.
Pour tout savoir sur la conquête de l'Everest par Edmund Hillary et Tenzing Norgay en 1953. L'accent est mis sur l'ascension de la face sud par Tenzing Norgay et sur sa carrière, patriotisme oblige.

Deux vastes maquettes de l'Himalaya permettent de visualiser toute  la chaîne et les principaux sommets depuis le Karakorum jusqu'à  l'Assam. On peut allumer des ampoules dans les trois vallées majeures : l'Indus, le Gange et le Brahmapoutre.

 

Des panneaux d'informations et divers objets résument et illustrent  les principales ascensions dans l'Himalaya par le gratin des alpinistes internationaux.

De nombreux objets indispensables aux alpinistes sont exposés : chaussures, crampons, piolets, bouteilles d'oxygène, sacs à dos...

 

Dans la cour de l'institut, des Indiens mangent ou lèchent des glaces, se photographient devant la statue en majesté de Tenzing.

La seule boutique qui m'intéresse est fermée (accès à internet).

Je termine la visite du zoo avant de regagner Chowrasta.  

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 12:46, le 31/05/2011 dans C. LETTRE de DARJEELING, Darjeeling
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