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VOYAGES REELS et IMAGINAIRES au BENGALE et au SIKKIM en 2011.

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SANS FRONTIERE (26.07.2011).
Publié dans H1. SANS FRONTIERE

 

SANS FRONTIÈRE

 

 

 

Ouvreur de portes, je n'ai plus de frontières

mon horizon est planétaire

où que j'aille la vie fourmille

mon coeur y forge son moteur immobile

 

Le chant de la terre m'envoûte

souffrance et joie s'interpénètrent

ma langue veut traduire l'univers

sa musique de braises et de séismes

 

Je remercie, je rends grâce pour le don

où que le vent m'emporte,  je ferai

la révolution, jamais à bout de souffle

au service de la parole

 

Quand le temps me favorise

le passé ouvre ses archives

dans l'érosion des roches

dans les âmes et les coeurs humains

 

Je plonge dans le présent

avec une joie de canibale

pour y lire la création du monde

qu'importe alors l'avenir ?

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 11:18, le 25/07/2011 dans H1. SANS FRONTIERE, Darjeeling
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RETOUR DE HAPPY VALLEY (24.07.2011).


RETOUR DE HAPPY VALLEY



Nous sortons de la maisonnette de Kumsun.

En anglais, je me moque gentillement de Clare, Julie et Kristen.

Le sérieux de ces jeunes Américaines, pendant la "cérémonie du thé", était plaisant.

Écoutant pieusement les explications sur le thé de Kumsun, elles n'osaient parler qu'à voix basse. On se serait cru à l'église...

 

Nous remontons le sentier en partie empierré, déchiqueté, humide et glissant. La brume envahit presque tout l'espace, assourdit les sons, qui jaillissent de nulle part.

- "It's peaceful !"

Je m'arrête pour jouir de cette paix, qui annonce le crépuscule.


L'air réjouit les poumons, les oreilles vibrent sous l'imperceptible caresse des sons.

L'anticipation de la nuit donne une grande profondeur à l'ouïe, à la vue et à l'odorat. A pleins poumons, je respire avec délice cette nourriture, fouillant l'espace du regard pour découvrir l'origine mystérieuse des sons.

 

A SUIVRE... 



 



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Publié à 05:16, le 24/07/2011 dans G. RETOUR DE HAPPY VALLEY, Darjeeling
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ECOUTE, PAUVRE ENCLUME (19.07.2011).

 

 ÉCOUTE, PAUVRE ENCLUME

 

  

1

  

Je crois que nous sommes bouchés

Je crois que nous sommes sourds.

Je vais donc me répéter, encore et encore.

Parce que tu es aussi bouchée que moi

pauvre enclume

je vais te traiter à coups de marteau.

 

  

2

   

Savons-nous encore respirer ?

Est-ce que l'air nous inspire ?

La musique nous fascine

et nous ondulons, serpents hypnotisés

dansant sur une musique de hasard.

Mais qu'en est-il de notre propre musique ?

 

 

3

 
 

Savons-nous écouter notre coeur ?

Nous marchons souvent à l'aveuglette

de malédictions en souffrances

imperméables à notre voix intérieure

abasourdis de surdité

 

 

4

 
 

L'air en nous doit circuler

irriguer la plus subtile de nos fibres

créer l'inspiration de nos pensées, de nos actes.

Es-tu aussi bouchée que moi

carapace tenace de certitudes ?

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:30, le 19/07/2011 dans F5. ECOUTE, PAUVRE ENCLUME, Gangtok
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OUVRE ton COEUR (17.06.2011).
Publié dans F4. OUVRE TON COEUR

 

OUVRE TON COEUR

(poème)

 

 

 

Ouvre ton coeur, créature

au diable les pensées négatives !

Écoute le chant intérieur

choisit l'amour et la vie

 

 

Ouvre ton coeur, homo sapiens

à l'amour laisse le champ libre.

De singuliers miracles jaillissent

du vide - telle est la voie

 

 

Ouvre ton coeur, éphémère

donne sa chance à l'éternel.

Ta poitrine est aussi vaste que l'amour

Que ne peut-elle contenir ?

 

 

Ouvre ton coeur, étranger

il est temps de quitter le monde.

Presse-le à la santé des âmes

cadeau de l'aube au crépuscule

 

  

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 11:07, le 17/06/2011 dans F4. OUVRE TON COEUR, Gangtok
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PASSANTS de GANGTOK (13.06.2011).


Des PASSANTS de GANGTOK



 

Après une semaine de séjour à Gangtok, je constate que j'ai très peu de contacts avec les habitants.

Ils m'évitent en général.

Voici quelques raisons qui pourraient expliquer ce phénomène, inattendu.

 

1. Le manque d'habitude de voir des étrangers.

Je n'ai croisé qu'une dizaine d'Occidentaux ! Un nombre très faible pour la capitale du Sikim.

Gangtok respire la province de jour comme de nuit. Les soirées de Gangtok sont courtes et pantoufflardes...   

 

2. Le Sikim a longtemps été un royaume coupé du monde.

Le manque de curiosité pour ce qui est étranger semble indéniable.

Ailleurs en Inde, dans les régions rurales, cette curiosité est souvent excessive...

 

3. On passe alors à une méfiance pour ce que l'on ne connaît pas.

Dès mon arrivée, je remarque une réticence à me louer une chambre. Réticence parfois agressive quand je révèle le prix qui me convient.

Dans Tibet Road, un hôtelier cynique m'annonce avec délectation :

-"We have a single room. It's 2000 roupies !"

Je réagis immédiatement :

-"You offer me the Paradise, sir ! Sorry, but I prefer to find a normal room !"

 

4. Il m'est arrivé d'engager la conversation dans la rue, à propos d'une chose ou d'une autre.

Mon interlocuteur m'a rarement répondu !

Un regard rapide, une esquive, voilà tout...

L'absence de réponse empêche tout échange.

Y-a-t-il une règle qui interdit de s'adresser à un étranger dans la rue ? Cette règle est-elle héritee de l'ancien royaume ?

 

Conclusion provisoire :

Mes relations les plus courtoises sont commerciales.

Avec des serveurs de restaurants ou des épiciers, j'ai pu converser normalement. Je suppose qu'ils avaient peu de mauvaises surprises à attendre de ma part.

Pourquoi bouder un client régulier, même étranger ?

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 17:44, le 13/06/2011 dans F3. PASSANTS de GANGTOK, Gangtok
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LETTRE de GANGTOK (11.06.2001).
Publié dans F2. LETTRE de GANGTOK

 

LETTRE de GANGTOK

 (11 juin 2011)


 

1

 

M.G. MARG 

 


Un petit déluge me contraint à trouver refuge dans une cyberboutique.
Vous en profitez...
Gangtok est une drôle de ville.
 Son côté commercial occidentalisé me déçoit immédiatement.

 
Je parle de la grande rue piétonne, proprète à l'allemande,  véritable enclave germanique en ces montagnes.

Elle brasse la jouissance de centaines de touristes indiens léchant leur ice-cream du matin au soir.

Sur M.G. Marg, fast-food, boutiques de fringues, hôtel-restaurants, cafés, salons de thé et pâtisseries se chevauchent.
Le nombre d'échoppes débitant de l'alcool, avec leurs files de bouteilles aux étiquettes armoriées, est impressionnant.

 

Les gens raffolent de cette rue.

Pas de voitures puantes et klaxonnantes, qui vous stressent dans votre promenade. Quel progrès !

On se fixe un rendez-vous à tel endroit, on attend sur un banc.

Je m'assieds aussi pour écrire. La musique sonorisée omniprésente me pompe l'air... Arroser les rues de musique pour pousser à la consommation est diabolique.

Et je dois trouver un endroit plus calme...

 

Sur M.G. Marg, on se déplace avec des amis, en famille, les écoliers s'accompagnent. 

De nombreux zombies marchent au radar en parlant dans leur téléphone, ou pianotent sur son clavier.

Mais l'activité la plus prisée, quelle que soit l'heure, c'est de lécher des ice-cream !
 

2


AUTOUR DE GANGTOK

  

La grande route traverse Gangtok du nord au sud. Elle draine la plupart du trafic, du bruit et de la pollution. Le mieux est d'y échapper.

En déambulant, j'apprends à apprécier la région.
Le cadre est magnifique, sur un versant à 2200 m d'altitude.
Dès que cela grimpe, je cherche les crêtes, pour la vue et la tranquillité.
Il y a de chouettes jardins, où jouir du calme.

 

La région est réputée pour ses fleurs.

J'ai fait de belles photos d'orchidées, de libellules... 

Le vol des libellules est passionnant.

Je raconte une après-midi passée dans des jardins et au monastère d'Enchey dans "ENCHEY GOMPA (GANGTOK)".  

 

3

 

L'INSTITUT DE TIBÉTOLOGIE


 C'est le centre de recherches le plus célèbre en Inde pour l'étude du tibétain et du bouddhisme.

Depuis le centre ville, je descends à pied vers le sud.

La grande route traverse Deorali. Au téléphérique, une rue monte sur la gauche.

 

Petite visite dans un parc au nom surdimentionné : le Chogyal Palden Thondup Naingyal Memorial Park...

Inauguré en 2003 dans un sous-bois, c'est un endroit paisible et frais.  Un pavillon est décoré de peintures.

Je n'y croise qu'un jeune couple et la guichetière des lieux.

L'entrée est théoriquement payante. Mais elle semble s'ennuyer, rêver d'être ailleurs et s'absente volontiers de son poste.

 

En remontant, je trouve un accès par les bois jusqu'à l'institut de Tibétologie. J'aboutis derrière la bibliothèque, que je visite.
 Je retournerai y lire quelques heures.

Les gens viennent en jeeps ou en taxis, qui les déposent devant l'entrée principale. J'y descends pour acheter un ticket de visite. 

 

La grande salle expose des trésors : 
- une collection de statuettes de boddhisattvas, de Bouddha, du guru Rimpoche (Padmasambava), d'Avalokiteshvara, de Tara...
- des séries de tangkas (nom tibétain des mandalas, ces diagrammes peints, supports à la méditation). Une série résume la vie de Bouddha en douze tangkas.
- des rouleaux de manuscrits en plusieurs langues, des livres rectangulaires à la couverture en bois.

 

Un coup de fatigue me saisit.

Je n'arrive plus à apprécier ce que je vois. Une chaleur écrasante, le trajet sur une route poussiéreuse avec un sac lourd me pèsent.

Je m'assieds sur l'unique chaise de la salle pour récupérer et écrire.

 

On trouve aussi des objets utilisés par les lamas dans leurs rituels :

Le foudre (vajra), la cloche et le damaru (petit tambour léger).

Ainsi que des ossements humains : tibias, crânes coupés en deux... pour rappeler l'impermanence de la condition humaine...

 

En ce début d'après-midi, la foule me gêne.

Enfants braillards, mères égarées, pères autoritaires... Et le ballet des portables, des appareils photo...

Déjeunons dans une cafétéria, près de l'entrée de l'institut. 

Plus haut, je continue vers un monastère bouddhiste.

  

4

 

MONASTÈRE ET CHORTEN DO-DRUL

 

J'arrive au monastère à un moment favorable. Les gens mangent encore. Moines et moinillons vont et viennent autour du grand stupa.

Une centaine de moulins à prières entourent l'enclos.

Les bâtiments de la grande cour sont des logements, une salle d'étude avec bibliothèque, une grande salle de réception.

Je m'assieds dans le fond et laisse passer le temps.

 

Mais les visiteurs arrivent par vagues, font tourner les tambours à prières, s'interpellent...

Que pensent les moines de cet afflux bruyant ?

S'ils souhaitent la paix pour prier, méditer, c'est raté...

 

Dans la salle des lampes, des moines s'activent.

La flambée de centaines de lampes dégage une grande énergie.

Cela attire tous les photographes de passage.

 

Au centre du stupa, un moine s'occupe des fleurs du jardin.

Les visiteurs font tourner les tambours, caressent un chat, se photographient et repartent par où ils sont venus.

En quittant la cour principale, je contourne le monastère  par un chemin de traverse. Près des bois, il mène à d'autres bâtiments, surtout des logements d'hommes et de femmes. Les moines y sont tranquilles.

 

Voilà pour le moment.
 Les coupures de courant se multiplient. Alors les cyberboutiques se vident. Et je trouve à m'occuper loin des ordinateurs.

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:44, le 11/06/2011 dans F2. LETTRE de GANGTOK, Gangtok
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ENCHEY GOMPA (GANGTOK) (10.06.2011).


ENCHEY GOMPA

 

(Gangtok)

 

    
1

 

  
Le monastère bouddhiste d'Enchey est situé au nord de Gangtok, près de la grande tour de télévision.

C'est mon lieu préféré à Gangtok.

 En chemin, je traverse des espaces verts.

J'ai besoin d'échapper au bruit et à la circulation automobile. 

 

 

Par Tibet Road, la route monte jusqu'au City Millenium Garden, ouvert vers 2000 ou 2001, comme son nom l'indique.

C'est un jardin à flanc de côteau, créé au milieu des arbres. Un kiosque et des bancs, parmi les fleurs, favorisent le repos et la rêverie.

 Photographie macronumérique pour les fleurs. 

 La serre domine une zone militaire, avec un radar et des gardes.

 A la marre, j'observe le vol des libellules.

 Piétons et écoliers traversent volontiers le jardin, qui permet d'échapper un moment aux véhicules.

 

 

Pour accéder au quartier du Ridge, je remonte par un des escaliers, qui coupent à travers la colline.
 

Un rond point exhibe une statue de Nehru, au dessus du Ridge Park.
 

Près du kiosque et des bancs de ce petit jardin, la vue est belle sur les montagnes et la vallée.


 

Je visite en contrebas le Flower Exhibition Centre (10 Rs). 
 

Une grande serre protège une marre et un pont, autour desquels sont plantées de magnifiques orchidées. 
 

L'orchidée est la fleur symbole du Sikim, comme le panda rouge et le faisan doré en sont les animaux emblématiques.  

 

 

Les Indiens se photographient bruyamment au milieu des fleurs. Certains photographient les orchidées de la serre et y prennent goût.

 Dans la nature, ils n'y pensent guère...

Trop de monde, trop d'agitation me font sortir assez vite.

 

 

A la place Nehru, je marche entre deux grandes propriétés, avec la tour de télévision en point de mire.

Des raccourcis s'imposent car il se fait tard et la route en lacets est assez longue.

Un escalier raide, entre deux guérites militaires.
 

Puis un sentier grimpant à travers bois. Un ruisseau dévale la pente, submerge un tronçon du chemin.

 

 

2

 

 

 Contrairement à mes habitudes, j'arrive à Enchey en fin d'après-midi.
Franchi le portail d'entrée, une longue allée, ponctuée de centaines de tambours de prières colorés, monte jusqu'à la cour principale.
Sur les côtés, des stupas blancs à pointe dorée, sont reliés les uns aux autres par des drapeaux et des banières multicolores flottant au vent.

Je croise moines et moinillons en robes pourpres, descendant en petits groupes.
Un vieux moine monte avec difficulté à l'arrière d'une moto.

 

Certains commentent et rient.

 

 

Sous les fenêtres de chambres de moines, l'hygiène laisse à désirer. Tas d'ordures et odeurs garantis.

Des chiens déambulent silencieusement.

Avec un paradis d'odeurs à explorer...

 


Là-haut, autour de la grande pl
ace, les bâtiments sont fermés.
 

Les rares visiteurs indiens repartent vite. Après un tour de la cour, ils ne savent plus que faire.
 

Un peu désarçonnés peut-être, par l'indifférence des moines.

 

 

Jusqu'à la tombée de la nuit, je circule entre les bâtiments, prends des photos et j'écris dans la cour face au monastère.

 Le calme est souverain. Grande paix intérieure.

 Une conversation entre deux moines, des bruits légers d'animaux, un klaxon lointain en contrebas ponctuent le silence.

  
Les oiseaux s'en donnent à coeur joie jusqu'au crépuscule.
J'écris jusqu'à ne plus rien y voir.
Je reviendrai à une autre heure, notamment pour entrer dans la salle de prières. 
Et assister à une puja.

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:44, le 10/06/2011 dans F1. ENCHEY GOMPA (Gangtok), Gangtok
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LUXE SUPREME (1.06.2011).
Publié dans E2. LUXE SUPREME

 

LUXE SUPRÊME

(Poème)

 

 

 

Ne rien faire

filtrer le sable du temps

des énergies s'accumulent

pour les randonnées affolées d'espace

débauches musculaires gratuites

 

 

Ne rien faire

se fier au pouvoir germinatif du temps

les miracles de la nature s'expliquent

 

 

Travail et repos alternent

se renforcent et se complètent

décider de l'emploi de son temps

est le luxe suprême

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 05:05, le 4/06/2011 dans E2. LUXE SUPREME, Darjeeling
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DARJEELING (1.06.2011).
Publié dans E1. DARJEELING

 

 DARJEELING

(poème)



Écoute la ronde des passants 

de Darjeeling

ils vont et viennent

ne pensent à rien de spécial

passent agréablement le temps

 

Les gamins montent fièrement des poneys

les écoliers rentrent chez eux en groupes

des touristes se photographient

 

Sur mon banc, des vieux m'entourent

boivent un thé, lisent le journal

discutent, échangent des nouvelles

 

Je me fais des amis uniquement

parce que je suis assis à Chowrasta

heureux de vivre, insouciant du temps

 

Au plus loin des soucis et des obligations

je savoure les heures

j'apprends la liberté, la poésie

l'insondable richesse intérieure

 

Mon coeur s'épanouit à Darjeeling

au lieu de randonner dans les environs

j'exprime le suc du temps

les deux m'agréent, pourquoi choisir ?

 

(Darjeeling, 1er juin 2011).



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Publié à 13:04, le 3/06/2011 dans E1. DARJEELING, Darjeeling
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VISITE a GHOOM (6.06.2011).
Publié dans D. VISITE a GHOOM


VISITE À GHOOM

 (Darjeeling)

 

 

 LE TRAIN MINIATURE

 


Aujourd'hui, je vais à Ghoom par le Toy Train, un train miniature construit par les Anglais au XIXe siècle.

A la gare de Darjeeling, j'achète un billet pour le train habituel.

Il existe des trains touristiques, beaucoup plus chers, où les étrangers se regroupent.

Les préparatifs sont assez longs : mise en place des wagons, arrivée de la locomotive. Le convoi ne démarre qu'à 10h15.

 

Dans mon wagon, les passagers sont tous Indiens. Certains adultes sont aussi excités que leurs enfants.

Chacun veut photographier ou filmer la montagne.

Je suis obligé de demander à un couple de s'asseoir, car il m'empêche de voir le paysage. 

 

Ghoom est la première station de la ligne au sud de Darjeeling.

Le train roule lentement, parcourt huit kilomètres en une demie heure.

Je repère à droite de la voie ferrée l'Ava Art Gallery, puis un immense monastère bouddhiste.

A Batasia Loop, le convoi décrit un cercle autour du monument commémoratif. Les photographes réagissent aussitôt.

 

 

MONASTÈRE SAKYA CHOLING

 

 

Ghoom est connue pour ses monastères bouddhistes.

De la gare, je descends la route jusqu'au Sakya Choling Gompa, repéré dans le train.

Une arche d'entrée donne sur un pont métallique, surplombant un ravin. Les détritus s'y accumulent...

Enfants et adolescents, en robe de moine, jouent au base-ball dans la cour.

 

Des escaliers mènent à un grand moulin à prières, puis jusqu'à la cour principale au sommet.

Une grande roue de bois est couchée au milieu de la cour.

Je salue d'un signe de tête quelques anciens, assis sur un banc.  

 

Dans la salle de prière, un moine psalmodie et chante, livre ouvert. Un second moine fabrique des bâtonnets d'étoupe.

Dans l'obscurité, je m'assieds près d'une fenêtre pour écrire.

Cette salle est presque identique à celles du Ladakh, de l'Himachal ou d'autres zones bouddhistes.

 

Un moinillon entre, allume quelques lampes, deux néons et repart.

Quand je récupère mes sandales, il éteint et ferme la salle.

Une petite pièce contient des dizaines de lampes à huile allumées. 

Des moines redressent joyeusement la roue de bois, la font rouler contre un mur. 

 

Je passe à l'accueil, où des Indiens viennent d'arriver. Pour s'informer, ou peut-être pour y loger. Ce gompa contient 82 chambres.

Le temps se couvre. La brume descend sur la ville. 

Après un tour du monastère, je repasse le pont métallique.

 

 

MONASTÈRE YIGA CHOLING

 

 

Un panneau indique la direction du Yiga Choling Gompa.

On traverse une rue d'échoppes, puis la nature réapparaît.

Le brouillard s'épaissit. Je photographie l'arche d'entrée, mais le monastère est noyé dans le brouillard.

 

J'entre à l'office, personne.

Je passe dans le hall de méditation. Surprise ! Une vingtaine de personnes dorment sous des couvertures contre les murs.

Ce sont des femmes. Il n'est pas midi. Drôle d'heure pour dormir. 

 

Dans la cour, des hommes repeignent les bancs et l'accès vers la salle de prières.

Un Anglais en robe de moine m'aborde. Il loge ici pour une retraite d'une dizaine de jours.

Et ces travaux de peinture ? C'est en l'honneur d'une grande fête, le 16 juin, qui attirera beaucoup de monde

Le célèbre Ananda Govinda a fondé ce monastère vers 1850.

Je crois avoir vu un livre de lui chez Albin Michel : "Les nuages blancs d'inconnaissances". Ce serait aussi une plaisanterie au sujet du brouillard de Ghoom !

 

Dans la grande salle, une vingtaine de personnes, moines et laïcs, sont réunies. Beaucoup prennent la parole.

Pas question de photographier.

Mais les fresques anciennes sont magnifiques. Une statue du Bouddha Maitreya. Je reviendrai après manger.

 

Je trouve une dhaba près de la gare de Ghoom.

Des jeunes hommes mangent, discutent vigoureusement et s'enfilent des bières.

Des habitués et le personnel me regardent écrire avec curiosité.

Les momos sont corrects.

 

Après le repas, je retourne au Yiga Choling

Disparaissant dans le brouillard, plus dense que ce matin, le Yiga Choling mérite son surnom : "monastère des ténèbres".

On ne voit rien à quelques mètres...

 

La salle de prière est gardée par un jeune moine.

Il me donne un autocollant avec le site du monastère. Je m'assieds et sors cahier et stylo.

-"12 roupies !", précise-t-il. Et de rajouter : "One photo, 10 roupies !"

Quel sens des affaires ! J'oublie ce businessman en écrivant.

 

Le bois donne un côté chaleureux à cette salle. Plancher, plafond, la balustrade circulaire autour de Maitreya, la plupart des meubles...

Les couleurs vives renforcent cette impression.

Le rouge carmin domine sur les colonnes, les meubles, les carrés du plafond à caissons.

Et le jaune habille le plafond, éclaircit les trois bibliothèques. Deux coiffes de cérémonie surmontent un gong.

 

Le temps passe.

Des bougies allumées font tourner trois moulins à prières.

Il pleut, le moine s'est endormi. Cet endroit est triste, tout le monde ne pense qu'à dormir.

Le moine sort pour se dégourdir.

J'arrive à la fin d'une page. Bon moment pour errer de nouveau.

 

 

BROUILLARD ET CRACHIN

 

 

Pluie et brouillard, un cocktail sinistre, idéal pour le tournage d'un film d'horreur ou de fantômes...

Visiter d'autres monastères ? Je n'en ai plus envie.

 

A la gare de Ghoom, j'attends en vain l'arrivée d'un train.

Cacaouettes, puis un thé pour patienter, me réchauffer.

J'ai froid dans ce brouillard, pimenté de crachin.  .

Alors je grimpe dans une jeep collective, plus rapide.

 

Au retour à Darjeeling : grand soleil et températures douces.

C'est le contraste habituel en montagne...

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 12:51, le 1/06/2011 dans D. VISITE a GHOOM, Ghum
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LETTRE de DARJEELING (5.06.2011).

 

LETTRE de DARJEELING

 (5 juin 2011).

 


1

 


Depuis une semaine, je vis au nord du Bengale, à Darjeeling.
Côté climat, c'est l'opposé de Delhi.

Fraîcheur, brouillard, il pleut assez souvent.
Bref, la montagne, exposée à la mousson depuis deux semaines.


Darjeeling est une station climatique créée par les Anglais au XIXe siècle.
Elle s'étage entre 1800 et 2200 m d'altitude.
On y respire autrement mieux que dans les plaines du Gange ou de la Yamuna.

Je m'y sens très bien.
Je loge dans une guesthouse extra et je m'entends à merveille avec son  hôtesse.
J'évite les cafés et restos où les quelques Occidentaux s'agglutinent.
Beaucoup d'Indiens, me voyant seul, m'abordent pour discuter.

Promenades, écriture, randonnées dans les environs, réflexion.
J'ai une énergie incroyable, les idées fusent.
Et je prépare mon voyage au Sikim (deux ou trois semaines de   randonnées).

 

 

2

 

 

UNE PLANTATION DE THÉ



Hier, le temps était beau.

De la gare routière, un sentier pour chèvres descend sur la rive d'un profond torrent, passe devant l'entrée du jardin botanique.

Je demande le chemin aux embranchements des sentiers.

 

L'un remonte, le paysage se dégage.

Sur le versant, les plantations de théiers sont de plus en plus denses.

On finit par repérer la grande factory rouge.


La Happy Valley est l'une des 84 plantations de théiers de Darjeeling.

On passe devant une cabane tenue par une femme, qui vend du thé aux touristes.

Aussitôt, un guide m'embarque pour une visite de l'usine.
A condition de comprendre son anglais, on devient incollable sur les multiples opérations de séchage et de tri du thé.

Pour ma part, je ne saisis qu'une petite moitié de ses explications...

 

La femme m'attend pour un rituel rodé depuis des lustres. 

Son salon est tapissé de peluches étalées sur les banquettes (tigres, chiens) ou suspendues (singes). C'est l'antichambre du zoo !

Le guide attend son pourboire, puis s'éclipse.

 

L'hôtesse présente plusieurs qualités de thé, explique que l'on doit en prendre une poignée, souffler dans sa main, l'ouvrir enfin pour en sentir l'arôme.

Dans la cuisine, elle prépare une tasse d'eau chaude, qu'elle sert au salon avec le cérémonial d'usage.

Cela coûte 50 roupies (davantage qu'une journée de travail d'une cueilleuse...)
Elle propose ensuite du thé à offrir, comme souvenir indispensable d'un séjour à Darjeeling. Cela va de 200 à 1000 roupies les 100 grammes.


Son bagoût ronronne si bien que mon esprit s'égare dans les livres d'or, remplis scrupuleusement par des générations de visiteurs.

J'y apprends le prénom de l'hôtesse, Kumbun. On y vante  ses explications et sa cordialité dans toutes les langues d'Europe, d'Amérique ou d'Asie.

Aucune remarque originale dans ce fatras de banalités.

Sôtisier indispensable sur le thé au pays de Babel !

 

J'aime surtout me promener dans la plantation. 

J'échange quelques mots avec les cueilleuses, allant en petits groupes sur les sentiers, leur hotte sur le dos.
Elles ramassent les jeunes pousses de thé en se protégeant avec une ombrelle. Hier, c'était du soleil.

 

On paye ces cueilleuses une misère : 265 roupies la semaine...

Happy Valley Tea Eastate... Mais pour les cueilleuses ?

On est loin des mystéres du thé, des prix affichés hardiment par Kumbun, relayant les pubs occidentales vaporeuses pour consommateurs à haut pouvoir d'achat.

 

Je longe un des villages, dispersés dans les plantations, à flanc de colline. Les maisons sont construites avec des matériaux de récupération : tôles, planches, bâches de plastique...

Des jeunes hommes, de corvée d'eau, portent sur le dos de grands jerricans, remplis à une source.

Des villageois descendent à un ruisseau, où ils lavent du linge. 

 Premières photos du voyage : cueilleuses, villageois au travail, plans de thé, fleurs en macronumérique.

 

 

 

3

 

 

DU CÔTÉ DU ZOO

 

 

De la plantation, je rejoins la route qui mène au zoo.

Une dhaba ne donne faim. Riz au thali.

Plusieurs touristes Indiens entrent, mais repartent aussitot, ne trouvant pas les lieux à leur goût.

Un homme épluche le menu et le critique bruyamment !

Je souris à la patronne, très sympathique, pour lui remonter le moral après la charge de ce butor.

 

La voie d'accès au zoo est une kermesse de boutiques plus ou moins utiles : sucreries et boissons, colifichets de pacotille.

La billeterie demande 40 Rs à un Indien et 100 Rs à un étranger.

Un exemple parmi beaucoup d'autres des droits d'entrée inégaux entre Indiens et étrangers.


Le zoo se spécialise dans les animaux rares, dont on favorise la reproduction pour contribuer à leur sauvegarde.

Des fauves : panthère des neiges, panthère noire, ours noir asiatique, ocelot, loup du Tibet, tigre du Bengale...

Des herbivores : panda rouge, daims, cerfs, yacks, bouquetins, antilopes bizarres...

Ou une série de faisans multicolores, des civettes, singes...



L'institut himalayen de la montagne est perché sur une hauteur du zoo. Haut lieu de l'alpinisme mondial, inauguré en 1954 par Nehru.
Pour tout savoir sur la conquête de l'Everest par Edmund Hillary et Tenzing Norgay en 1953. L'accent est mis sur l'ascension de la face sud par Tenzing Norgay et sur sa carrière, patriotisme oblige.

Deux vastes maquettes de l'Himalaya permettent de visualiser toute  la chaîne et les principaux sommets depuis le Karakorum jusqu'à  l'Assam. On peut allumer des ampoules dans les trois vallées majeures : l'Indus, le Gange et le Brahmapoutre.

 

Des panneaux d'informations et divers objets résument et illustrent  les principales ascensions dans l'Himalaya par le gratin des alpinistes internationaux.

De nombreux objets indispensables aux alpinistes sont exposés : chaussures, crampons, piolets, bouteilles d'oxygène, sacs à dos...

 

Dans la cour de l'institut, des Indiens mangent ou lèchent des glaces, se photographient devant la statue en majesté de Tenzing.

La seule boutique qui m'intéresse est fermée (accès à internet).

Je termine la visite du zoo avant de regagner Chowrasta.  

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 12:46, le 31/05/2011 dans C. LETTRE de DARJEELING, Darjeeling
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FUSEES (31.05.2011).
Publié dans B. FUSEES

 

FUSÉES

 

 

1

 

Sommes-nous autre chose

que des molécules de conscience

lancées dans le toboggan du temps ?

 

2

 

Inaudible est le cri du silence

 

3

  

Ouvre-moi les portes de la mémoire

car une dérive interminable me guette

dans les corridors de glace du néant.

 

Ouvre-moi la nuit étoilée

aux fusées multicolores.

 

Les moulins à prières tournent jusqu'à l'envol

quand Dieu parle, je m'oublie dans l'écoute

ouvre-moi les portes insoupçonnées de la mémoire

 

4

 

Sédentaires, la terre tourne incessamment

le ciel est une maison idéale

un sac de voyage suffit pour vivre

dans la liberté de chaque jour

 

Mais comprendrez-vous ?

Quand les pensées s'alourdissent

l'esprit se sclérose.

La liberté, mes frères, terrorise

 

(Darjeeling, 31 mai 2011).



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Publié à 11:21, le 30/05/2011 dans B. FUSEES, Darjeeling
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